Manifeste "Décent Bitume"
🌿 Manifeste « Décent Bitume »
Intercollectif des Sans Bitume du Tarn et de la Haute-Garonne
En lien avec la Fédération des Alternatives au Bitume (FAB)
đź“§ Contact : manifeste.sansbitume@riseup.net
Le Manifeste “Décent Bitume” est un appel collectif en faveur d’un aménagement du territoire plus respectueux de la santé, de l’environnement et des populations.
Il dénonce les effets délétères du « système route » et plus particulièrement des centrales à bitume, dont l’exploitation contribue à la pollution de l’air, de l’eau et des sols, ainsi qu’à la dégradation du climat et de la biodiversité.
Les auteurs soulignent que la construction et l’entretien des routes, ainsi que le fonctionnement des centrales à bitume, engendrent de nombreuses atteintes à la santé humaine :
- Maladies respiratoires et cardiovasculaires,
- Cancers liés à l’exposition chronique à des substances toxiques,
- Troubles neurologiques, hormonaux et du développement de l’enfant,
- Stress et perte de qualité de vie pour les riverains (bruit, odeurs, paysages dégradés).
Ces impacts sont dus à la présence de polluants multiples — hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), composés organiques volatils (COV), oxydes d’azote, particules fines, métaux lourds — dont certains sont reconnus cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR).
Les populations les plus modestes et les plus fragiles sont disproportionnellement exposées à ces nuisances, accentuant les inégalités sanitaires et sociales.
Le manifeste dénonce un affaiblissement préoccupant du cadre législatif.
Depuis l’arrêté du 9 avril 2019, l’installation d’une centrale à bitume ne requiert plus qu’une simple demande d’enregistrement, au lieu d’une autorisation complète avec étude d’impact et enquête publique.
Ce changement :
- réduit la transparence et la participation citoyenne,
- affaiblit le contrĂ´le environnemental,
- repose sur l’autocontrôle des exploitants, faute de moyens suffisants pour les autorités de surveillance (notamment la DREAL).
De plus, la législation actuelle ignore certains polluants et ne prend pas en compte les populations à risque, ce qui laisse planer un flou inacceptable sur les conséquences sanitaires et écologiques.
Le manifeste appelle à une refonte profonde de la réglementation et à une action publique immédiate fondée sur le principe de précaution.
Les signataires demandent :
- La saisine de l’ANSES pour évaluer les risques sanitaires liés aux centrales à bitume.
- La réévaluation de l’arrêté du 9 avril 2019 par le Parlement.
- La mise en place d’un cadre réglementaire clair, protecteur et contrôlable.
- Rétablir l’autorisation environnementale complète avec enquête publique.
- Rendre obligatoire l’évaluation des risques sanitaires (ERS) avant toute implantation.
- Mettre Ă jour la classification des polluants (notamment des COV) et renforcer les contrĂ´les.
- Encadrer strictement le recyclage des matériaux routiers (fraisats contenant amiante ou HAP).
- Limiter la température de fabrication et le taux de recyclage pour réduire les émissions.
- Mesurer les rejets atmosphériques avant mise en service, sur le modèle d’une « carte grise environnementale ».
- Renforcer la fréquence des autocontrôles durant la première année d’exploitation.
- Procéder à un audit environnemental régulier (tous les trois ans).
- Installer des systèmes de mesure en continu pour les polluants les plus dangereux.
- Mettre en place un traitement obligatoire des fumées en cas de dépassements récurrents.
- Renforcer la sécurité des installations (prévention des incendies, explosions et fuites).
Face à la crise climatique, à la disparition accélérée de la biodiversité et au découragement des citoyens, le manifeste invite les décideurs à repenser nos modes d’aménagement du territoire.
Il appelle à construire des projets de territoire coopératifs, ancrés dans la justice sociale, la durabilité écologique et une économie locale résiliente.
L’enjeu n’est pas seulement environnemental : il s’agit d’un choix de société qui engage notre santé, nos paysages et notre avenir collectif.